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OPPENHEIMER

 

Julius Robert Oppenheimer


Physicien américain (New York 1904-Princeton 1967).
Brillant chercheur épris de culture et d'humanisme, il reste surtout connu pour avoir dirigé, aux États-Unis, la mise au point de la bombe atomique pendant la Seconde Guerre mondiale, avant de militer pour des utilisations pacifiques de l'énergie nucléaire et de s'opposer au développement de la bombe à hydrogène.
L'éveil d'une vocation

Issu d'une famille aisée de juifs allemands immigrés, Julius Robert Oppenheimer (le premier de ses prénoms est celui de son père, qu'il refusera de porter et réduira à sa seule initiale) est l'aîné de deux garçons (son frère, né en 1912, sera également physicien). Son père a fait fortune dans les affaires ; sa mère est artiste peintre. L'intérêt que portent ses parents à la littérature et aux arts stimule très tôt ses capacités intellectuelles. Adolescent timide et gauche, de constitution fragile, peu attiré par le sport, il se révèle en revanche un élève très doué, manifestant une grande curiosité scientifique (en minéralogie notamment). Après de brillantes études à l'Ethical Culture School de New York, il entre en 1922 à l'université Harvard, où il se spécialise en chimie, tout en suivant aussi des cours de physique, de mathématiques, de langues et de littérature. Après l'obtention, en 1925, de sa licence de chimie, avec la mention summa cum laude, il décide de s'orienter vers la physique théorique. Quatre ans de séjour en Europe vont lui permettre de côtoyer les plus grands physiciens de l'époque et de travailler, à leur côté, sur les applications des nouvelles théories (relativité, mécanique quantique). Il rejoint d'abord le laboratoire Cavendish de Cambridge, alors dirigé par Ernest Rutherford, puis travaille à Göttingen sous la direction de Max Born, où il rencontre Niels Bohr et Paul Dirac et obtient son doctorat en 1927, avant de séjourner à Leyde auprès de l'Autrichien Paul Ehrenfest (1880-1933) et à Zurich auprès de Wolfgang Pauli.
Un artisan majeur de la bombe atomique

En 1929, il regagne les États-Unis, où il est nommé professeur de physique théorique au California Institute of Technology et à l'université de Berkeley. Pendant treize ans, il se partage entre ces deux institutions, menant parallèlement à son enseignement de nombreuses recherches : contributions à la physique quantique et à la théorie de la relativité, études sur les rayons cosmiques, les paires électron-positron et les étoiles à neutrons.
L'étape suivante de sa carrière l'amène à jouer un rôle majeur dans la mise au point de l'arme atomique. En 1942, dans le cadre du projet de développement de la bombe atomique américaine (projet Manhattan), il est nommé directeur scientifique du laboratoire secret de Los Alamos, dans le Nouveau-Mexique. Il y réunit une équipe de scientifiques de haut niveau grâce à laquelle le projet est mené à bien en deux ans : le 16 juillet 1945, la première bombe nucléaire (nommée Trinity) explose dans le désert d'Alamogordo, et, le mois suivant, ont lieu les bombardements d'Hiroshima et de Nagasaki. Après la guerre, Oppenheimer participe à divers comités chargés d'orienter, aux États-Unis, les décisions concernant l'utilisation de l'énergie atomique. Mais, profondément marqué par sa part de responsabilité dans le développement et l'emploi de l'arme nucléaire, il milite désormais pour des utilisations pacifiques et un contrôle international de l'énergie atomique, et s'oppose au développement de la bombe à hydrogène. En 1947, il succède à Albert Einstein comme directeur de l'Institute for Advanced Study à l'université de Princeton. En 1953, en plein maccarthysme, il est accusé d'entretenir des rapports avec des communistes et se voit retirer son habilitation à accéder à des documents classifiés. Il va dès lors consacrer une large part de son temps à écrire et à prononcer des conférences, en s'intéressant plus particulièrement aux relations entre la science et la société (Science et bon sens, 1954). Réhabilité en 1963 par le président Johnson, qui lui remet la prestigieuse médaille Enrico Fermi pour sa contribution aux progrès de la physique nucléaire, il meurt quatre ans plus tard d'un cancer de la gorge.

 

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LA RADIOACTIVIT

 

PLAN
RADIOACTIVITÉ
Nature et transformations des noyaux atomiques
Les radioactivités naturelles
Les radioactivités artificielles
Les principaux types de radioactivité
La radioactivité alpha
La radioactivité bêta
La radioactivité gamma
Les familles radioactives
L'utilisation de la radioactivité
Aspects médicaux
Mesure de la radioactivité
Effets des rayonnements
Protection contre les rayonnements
Voir plus
radioactivité
Henri Becquerel
Consulter aussi dans le dictionnaire : radioactivité
Propriété des nucléides instables de perdre spontanément de leur masse en émettant des particules ou des rayonnements électromagnétiques.

Henri Becquerel
La découverte, presque par hasard, de la radioactivité par H. Becquerel en 1896 a entraîné une révolution dans la connaissance de la nature de la matière. Elle a montré que les noyaux atomiques ne sont pas tous stables : certains d'entre eux, dits « radioactifs », éjectent de minuscules projectiles sous forme de rayons pénétrants ; de plus, une telle émission change leur nature. On en a déduit que les éléments ne sont pas vraiment « élémentaires » et que les atomes sont composés d'« éléments » plus petits.
Nature et transformations des noyaux atomiques

Les radioactivités naturelles

Pierre et Marie Curie
Suite à la découverte du radium par P. et M. Curie en 1898, il est vite apparu qu'il existe trois sortes de radioactivité. À chacune d'elles correspond une transformation différente des noyaux. L'étude de la radioactivité et celle des rayonnements ont aussi largement contribué à comprendre la structure des noyaux. Ceux-ci ne sont pas des objets simples : ils sont composés de deux sortes de particules, les protons et les neutrons. La façon dont ceux-ci se combinent a conduit à la notion d'isotope, à l'étude des conditions de stabilité des noyaux et à la reconnaissance de deux sortes de forces s'y exerçant : l'interaction forte et l'interaction faible.
Les radioactivités artificielles

En bombardant des noyaux à l'aide de rayons α, I. et J. F. Joliot-Curie ont provoqué la formation de noyaux radioactifs nouveaux. C'est un moyen pour produire un grand nombre d'isotopes radioactifs. De manière analogue, on sait aujourd'hui projeter sur d'autres atomes des ions lourds accélérés à haute énergie. Il devient possible d'obtenir des combinaisons nucléaires nouvelles, le plus souvent très instables, dont certaines sont très différentes de tout ce qu'on peut observer dans les corps radioactifs naturels ou à l'aide de collisions par des particules. On a pu ainsi produire des formes de radioactivité atypiques, comme l'émission de noyaux de carbone.
Les principaux types de radioactivité

Les radioactivités se distinguent par la nature du rayonnement émis et par les modifications que cela induit dans le noyau émetteur. Un noyau est caractérisé par sa masse atomique A, égale au nombre de nucléons qu'il contient, et par son numéro atomique Z, égal au nombre de ses protons. La différence A − Z représente donc le nombre de ses neutrons ; pour le plutonium 244, par exemple, A = 244, Z = 94 ; il contient donc 150 neutrons.
Les transformations radioactives sont plus ou moins rapides. On appelle « période » ou « demi-vie » le temps nécessaire pour que la moitié des noyaux de l'élément considéré se soit désintégrée. Ce temps, qui semble indépendant de toute action extérieure, varie considérablement d'un noyau à un autre (de 10−12 s à 1017 années).
La radioactivité alpha

Les rayons α sont constitués de particules de masse égale à 4 fois la masse du proton et dont la charge électrique est le double de celle du proton : il s'agit de noyaux d'hélium. Toutes les particules issues d'une même espèce de noyaux radioactifs (en général de très gros noyaux) sont émises avec la même énergie. Cette émission provoque un changement de nature du noyau : le numéro atomique diminue de deux unités, la masse atomique, de quatre. Ainsi, lors de la désintégration α du plutonium 244, celui-ci se transforme en uranium 240, avec une demi-vie de 80 millions d'années :  .
La radioactivité bêta

Dans la radioactivité β, le noyau émet un électron au cours de la transformation d'un neutron en proton. La charge électrique et le numéro atomique du noyau augmentent d'une unité, mais la masse atomique demeure sensiblement inchangée, car la masse d'un électron est très faible. Il existe aussi une radioactivité β+ (bêta plus) où un positron est émis, ce qui fait décroître d'une unité le numéro atomique du noyau (par transformation d'un proton en neutron). Pour une désintégration β donnée, tous les électrons émis n'ont pas la même énergie. Celle-ci est répartie selon un spectre d'énergie, ce qui a suggéré à W. Pauli et E. Fermi qu'une autre particule, un neutrino ν (ou, plus exactement, un antineutrino  ), est émise en même temps que l'électron. Cette hypothèse a permis l'établissement de la théorie de l'interaction faible, qui régit la désintégration β. Celle-ci résulte donc de la désintégration de neutrons du noyau en protons, électrons et antineutrinos. Ainsi, lors de la désintégration de l'uranium 240 en neptunium (Np), seul le numéro atomique est affecté :  .
La radioactivité gamma

Dans la radioactivité γ, le noyau émet un photon de haute énergie. La nature chimique de l'atome n'est pas modifiée : le noyau passe d'un état excité à un état dit « fondamental ». En général, le noyau excité a été, au préalable, produit par une désintégration α ou β, ou encore par une réaction nucléaire.
Les familles radioactives

Dans la nature ou dans les produits de réactions nucléaires, on rencontre plusieurs familles radioactives : un noyau lourd, en se désintégrant, produit un noyau lui-même radioactif qui en engendre un troisième, et ainsi de suite jusqu'à un noyau stable qui constitue le produit final de la série. Les noyaux ayant des demi-vies bien déterminées, la connaissance de ces familles fournit un outil de datation géochimique.
L'utilisation de la radioactivité

La radioactivité connaît de nombreuses applications scientifiques et techniques. En géochimie isotopique, par exemple, elle permet de dater des roches, par la mesure de l'abondance respective de couples « père-fils », ou des échantillons contenant de la matière organique récente, par la technique du carbone 14 (datation).
Mais la radioactivité présente aussi des dangers : elle peut détruire les molécules biologiques, entraînant chez les êtres vivants des conséquences néfastes voire fatales (anémies, cancers…) ou bénéfiques (traitement des cancers par cobaltothérapie ou curiethérapie, diagnostics). Les normes d'utilisation des corps radioactifs sont draconiennes et la plupart des pays se sont dotés d'un système de surveillance.
Aspects médicaux

Mesure de la radioactivité

L'activité d'une source de rayonnement est mesurée en becquerels (Bq). Cette unité, valable à l'échelle atomique (elle correspond à une désintégration par seconde), n'est pas adaptée à l'évaluation d'un risque pour l'homme. La quantité de rayonnements reçue par un organisme (dose absorbée) se mesure en grays (Gy). Mais l'effet de ces rayonnements sur un organisme dépend aussi de leurs caractéristiques : la notion d'équivalent de dose, mesurée en sieverts (Sv), permet à la fois de prendre en compte ces données quantitatives et qualitatives. Le gray et le sievert ont remplacé des unités plus anciennes comme le rad (100 rads = 1 gray) et le rem (100 rems = 1 sievert).
Les normes de protection contre les rayonnements ont pour but de limiter leurs risques et de les maintenir à un taux comparable à celui que comporte toute activité humaine. Elles doivent tenir compte du niveau de radioactivité naturelle de l'environnement. Ainsi, en France, le rayonnement cosmique (venant du ciel) et tellurique (venant du sol) correspond à une dose de 2,4 millisieverts par an. À titre d'exemple, l'accident de Tchernobyl d'avril 1986 a augmenté cette dose annuelle de 0,07 millisievert pour la population française (source O.N.U.), ce qui est inférieur à la dose reçue lors d'un cliché radiologique. Les directives Euratom du Conseil de l'Union européenne fixent la dose annuelle admissible pour le public à 1 millisievert pour les irradiations d'origine non naturelle (industries nucléaires, hors domaine médical) et à 20 millisieverts pour le personnel exposé dans un cadre professionnel.
Effets des rayonnements

Du fait de leur énergie, les rayonnements radioactifs sont susceptibles d'exercer une action néfaste sur l'organisme. Les rayons alpha et bêta sont peu pénétrants et ne sont dangereux que s'ils sont introduits, par exemple, par ingestion de produits alimentaires contaminés. Les rayons gamma, en revanche, pénètrent profondément et peuvent traverser les organes (irradiation).
Les effets des rayonnements sont de deux types : ceux qui affectent directement l'être vivant et ceux qui atteignent sa descendance. Tous ces effets varient selon la dose reçue, la durée de l'exposition et l'étendue de la région exposée au rayonnement. Les effets de doses importantes sont bien connus quand celles-ci sont reçues en une seule fois par le corps entier. À l'inverse, l'effet de petites doses est plus difficile à évaluer.
Les effets précoces surviennent dans les heures, les jours ou les semaines qui suivent l'exposition à de fortes doses. À partir d'une dose de 0,2 sievert, les premières atteintes des rayonnements portent sur les cellules sanguines, surtout les globules blancs (infections) et les plaquettes (hémorragies). De 1 à 2 sieverts, on observe une radiodermite (rougeur de la peau). De 3 à 5 sieverts apparaissent des troubles digestifs (nausées, vomissements). Pour des doses plus importantes viennent s'ajouter des brûlures étendues et des troubles nerveux (paralysies).
Les effets tardifs ne sont décelables que pour des doses au moins égales à 1 sievert et après un délai moyen de 4 ans pour les leucémies, de 10 ans pour les autres cancers. Si le risque de développer un cancer est accru, la survenue de celui-ci n'est pas inéluctable. Pour des doses plus faibles, comprises entre 0,1 et 1 sievert, les cancers provoqués par des rayonnements sont plus exceptionnels, survenant surtout chez des enfants dont la mère a été irradiée pendant la grossesse. L'autre conséquence de l'irradiation d'un fœtus est le risque de survenue d'une malformation. L'effet de doses inférieures à 0,1 sievert ne s'est pas révélé significatif, comparé à la fréquence naturelle des malformations chez l'homme. Des irradiations plus importantes peuvent amener à proposer une interruption de grossesse, et cela d'autant plus que la grossesse en est à son début. Un autre effet tardif des rayonnements est la survenue d'une cataracte (opacification du cristallin de l'œil) pour des doses locales supérieures à 1 sievert.
L'uranium appauvri, présent dans de nombreux produits chimiques et dans certains obus, est composé de l'isotope 238, le moins radioactif des 3 isotopes qui composent l'uranium naturel. Il pourrait s'accumuler dans les reins. Utilisé pendant le conflit du Kosovo (1999), il a été accusé d'être responsable de l'apparition de cancers ou de leucémies, ce qui n'est pas démontré.
Les effets sur la descendance ont été décrits chez certains animaux (mutations) ; en revanche, aucune modification transmissible des gènes n'a été observée dans la descendance des populations irradiées d'Hiroshima ou de Nagasaki.
Protection contre les rayonnements

Quatre grands principes doivent être observés dans la protection contre la radioactivité : s'éloigner autant que possible de la source radioactive ; réduire le temps de séjour à proximité ; utiliser des écrans de protection (en plomb ou en béton contre les rayonnements gamma) ; s'efforcer d'éviter toute absorption accidentelle. L'utilisation de sources radioactives fait l'objet de mesures légales et réglementaires très strictes.
Pour en savoir plus, voir l'article irradiation.

 

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HENRI BECQUEREL

 

Henri Becquerel

Physicien français (Paris 1852-Le Croisic 1908).
Introduction

Petit-fils, fils et père de physiciens, tous polytechniciens, tous professeurs de physique au Muséum d'histoire naturelle et tous membres de l'Académie des sciences, comme il le fut lui-même, Henri Becquerel est le plus célèbre de cette fameuse lignée, grâce à sa découverte de la radioactivité.
Les Becquerel

Le grand-père d'Henri Becquerel, Antoine César (Châtillon-Coligny, Loiret, 1788-Paris 1878), après avoir participé aux campagnes d'Espagne comme officier du génie, est attiré par l'étude des phénomènes électriques. Il découvre en 1819 la piézo-électricité des cristaux, observe en 1827 l'existence de corps diamagnétiques et imagine, en 1829, la pile impolarisable à deux liquides, qui sera par la suite vulgarisée par l'Anglais John Frederic Daniell.
Son père, Alexandre Edmond (Paris 1820-Paris 1891), s'intéresse d'abord à la phosphorescence. Il étudie les substances sensibles à la lumière, puis se signale par une belle série de travaux consacrés au magnétisme ; il découvre notamment le paramagnétisme de l'oxygène. En 1866, il effectue les premières mesures de température à l'aide de la pile thermoélectrique.
Enfin, son fils Jean (Paris 1878-Pornichet 1953) consacre son activité aux propriétés optiques et magnétiques des cristaux, particulièrement aux très basses températures.
La vie d'Henri Becquerel

Élevé au Muséum d'histoire naturelle, sous l'intelligente direction de son père et de son grand-père, Henri Becquerel entre en 1872 à l'École polytechnique ; il va de là à l'école des ponts et chaussées, et en sort ingénieur en 1877. Dans l'intervalle, il a épousé la fille du physicien Jules Jamin (1818-1886), qui meurt en 1878, le laissant seul avec son fils Jean.
Dès 1875, il signale que l'action d'un champ magnétique permet de souffler l'étincelle électrique, comme le ferait un courant d'air. C'est sans doute cette découverte qui lui fait obtenir à vingt-trois ans les fonctions de répétiteur à l'École polytechnique, où il sera nommé professeur en 1895. En 1892, il occupe la chaire de physique au Muséum d'histoire naturelle. En 1889, il a été élu membre de l'Académie des sciences. En 1890, il s'est remarié avec Mlle Lorieux, fille d'un inspecteur général des mines.
Tout en s'attachant à la préparation et au perfectionnement de ses cours, Becquerel s'adonne à la recherche, pour laquelle il est exceptionnellement doué. On peut mentionner ses travaux sur la polarisation rotatoire magnétique (1876), sur la phosphorescence (1882), sur le spectre infrarouge (1883), sur l'absorption de la lumière par les cristaux (1886).
Mais la découverte des rayons X par l'Allemand Röntgen, en 1895, va le conduire à celle, bien plus importante encore, de la radioactivité.
Découverte de la radioactivité

À la séance de l'Académie des sciences du 20 janvier 1896, Henri Poincaré montre les premières radiographies, que lui a envoyées Röntgen. Becquerel demande aussitôt à son confrère quelle est exactement la région d'émission des rayons X, et Poincaré lui répond que c'est la partie de la paroi de verre frappée par les rayons cathodiques. Becquerel fait alors remarquer que les rayons cathodiques rendent le verre fluorescent, et qu'il faut chercher si certains corps excités par la lumière n'émettent pas des radiations analogues aux rayons X. Il s'attaque aussitôt à ce problème.
Parmi les nombreuses substances phosphorescentes, le choix de Becquerel se porte sur les sels d'uranyle, qui ont déjà été l'objet de nombreux travaux au laboratoire de physique du Muséum, installé dans la vieille maison de Cuvier.
Sur une plaque photographique enveloppée de papier noir, deux lamelles de sulfate double d'uranium et de potassium sont déposées ; entre l'une d'elles et la plaque est placée une pièce d'argent. Croyant naturellement qu'une excitation par la lumière est nécessaire, Becquerel expose le tout au soleil. Après une pose de quelques heures, le développement de la plaque fait apparaître une légère impression figurant les silhouettes des lamelles, ainsi que l'ombre portée par la pièce métallique. Il semble donc avoir trouvé le phénomène cherché. Mais, le 26 février, le ciel est resté couvert, et les châssis sont enfermés dans un tiroir. Le 1er mars, le soleil reparaît. Avant de recommencer ses essais, en expérimentateur scrupuleux, Becquerel a l'idée de vérifier l'état des anciennes plaques ; à son grand étonnement, il les trouve fortement impressionnées, bien que cette fois les sels uraniques n'aient pas été soumis à l'action préalable du soleil, et n'aient par suite pas été en état de phosphorescence.
Seule explication possible : l'uranium émet continuellement, et sans qu'une exposition à la lumière soit nécessaire, un rayonnement pénétrant de nature encore inconnue. C'est ce qu'annonce Henri Becquerel à l'Académie des sciences le lendemain 2 mars 1896, ouvrant ainsi à la science un monde nouveau.
Il établit que l'activité spontanée de l'uranium est une propriété atomique, valable aussi bien pour le métal que pour tous ses composés. Il montre que les « rayons uraniques », tout comme les rayons X, rendent les gaz conducteurs, et utilise l'électroscope pour une étude quantitative. Plus tard, lorsqu'il peut disposer de polonium et de radium, beaucoup plus actifs, que lui prête Pierre Curie, il reconnaît, grâce à l'emploi de champs magnétiques, l'existence des rayons alpha et bêta, et il montre l'analogie de ce dernier rayonnement et du rayonnement cathodique. Les rayons gamma seront mis en évidence, en 1900, par le Français Paul Villard (1860-1934).
En 1903, le prix Nobel de physique est, pour la première fois, décerné à des savants français. Il est partagé entre Henri Becquerel, pour cette découverte, et Pierre et Marie Curie, pour leurs travaux en résultant.
Loin d'avoir été fortuite, cette découverte est due à l'intuition géniale, à la méthode de travail minutieuse et à l'habileté expérimentale de son auteur. Mais on doit aussi reconnaître qu'elle avait été préparée par la continuité des travaux accomplis de père en fils dans le même laboratoire. Comme Henri Becquerel se plaisait à le dire : « La découverte de la radioactivité devait être faite dans le laboratoire du Muséum, et si mon père avait vécu en 1896, c'est lui qui en aurait été l'auteur. »

 

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ALEXANDRE LE GRAND

 

 

 

 

 

 

PLAN
ALEXANDRE
1. L'élève d'Aristote
2. Le conquérant de l'Asie
2.1. Première victoire sur les Perses
2.2. Le nœud gordien
2.3. Issus : naissance d'un conquérant
2.4. De l'Égypte à l'Indus : le rêve de l'empire universel
3. Le génie de la stratégie
4. L'héritier du Grand Roi
4.1. Le despote oriental
4.2. La dernière année
5. La postérité

Alexandre III le Grand
Cet article fait partie du dossier consacré à la Grèce antique.
Alexandre III le GrandAlexandre III le Grand
(Pella, Macédoine, 356 avant J.-C.-Babylone 323 avant J.-C.) roi de Macédoine (336-323), fils de Philippe II et d'Olympias.
1. L'élève d'Aristote

Annoncé par les devins comme l'enfant du destin, Alexandre naît le 22 juillet 356 av. J.-C. Fils de Philippe II de Macédoine, qui passe pour être de la lignée des Héraclides, il serait aussi par sa mère Olympias un descendant d'Achille.
De 13 à 16 ans, il a pour précepteur Aristote, qui lui ouvre l'esprit à toutes les formes de savoir. Plutarque rapporte qu'Alexandre disait ne pas aimer Aristote moins que son père, « devant à l'un la vie et à l'autre l'art de savoir vivre ». C'est l'influence du philosophe qui se décèle à travers plusieurs faits : soumettant la ville de Thèbes, Alexandre y épargne la maison de Pindare ; menant son armée en Égypte, il se fait accompagner de lettrés et de savants ; durant ses campagnes, il emporte l'Iliade, dans une version annotée par Aristote lui-même.
Mais Alexandre a aussi la passion de l'exploit. Il apprend l'art militaire lors des campagnes de son père contre les Thraces et les Illyriens, puis en commandant la cavalerie à la bataille de Chéronée (338 av. J.-C.), qui livre la Grèce à Philippe II. Ce dernier étant assassiné en 336, Alexandre lui succède et reprend à son compte le projet de guerre contre la Perse, dont le but est de venger le souvenir des guerres médiques et d'unifier les Grecs derrière le roi de Macédoine.
2. Le conquérant de l'Asie

2.1. Première victoire sur les Perses

L'expédition d'AlexandreL'expédition d'Alexandre
Au début de 334 av. J.-C., Alexandre laisse le gouvernement de la Macédoine à son général Antipatros et franchit l'Hellespont (les Dardanelles). L'armée du roi de Perse Darius III, très supérieure en nombre, attend les Macédoniens sur les bords du Granique, petit fleuve côtier de Phrygie. C'est là qu'Alexandre remporte la victoire qui lui permet de se rendre maître de l'Asie Mineure.
2.2. Le nœud gordien

C'est là, également, que se situe un épisode fameux : à Gordion, un oracle avait promis la domination de l'Asie à celui qui viendrait à bout du nœud d'un attelage votif, que nul ne pouvait défaire (le « nœud gordien ») ; alors Alexandre le trancha d'un coup d'épée et, ce faisant, « ou bien éluda l'oracle ou bien l'accomplit », selon les mots de Quinte-Curce (Histoire d'Alexandre).
2.3. Issus : naissance d'un conquérant

Alexandre pénètre dans les profondeurs de l'Empire perse et, en 333, il franchit les montagnes de Cilicie. La rencontre avec Darius III va avoir lieu dans la plaine d'Issus. Inquiet, le Grand Roi a voulu prendre Alexandre à revers, en le coupant de l'Anatolie. Plus de 100 000 de ses soldats se retranchent derrière des palissades de bois. À la tête de 30 000 hommes, Alexandre ordonne la charge et écrase l'armée ennemie. Le soir, il dîne dans la tente de Darius, qui a dû fuir. Se refusant à toute négociation, il poursuit son plan d'encerclement méthodique de la Méditerranée orientale.
2.4. De l'Égypte à l'Indus : le rêve de l'empire universel

Il soumet le littoral syrien (prises de Tyr et de Gaza en 332) et pénètre en Égypte, qui, supportant mal le joug des Perses, l'accueille en libérateur. Alexandre occupe la vallée du Nil, fonde Alexandrie, puis, s'enfonçant dans le désert, il va chercher confirmation de son origine divine au temple d'Amon dans l'oasis de Siwa.
Fort de la légitimité religieuse qu'il a obtenue, il quitte l'Égypte en 331, traverse le Tigre et l'Euphrate, au-delà duquel Darius III a concentré toutes ses troupes. La bataille décisive, qui se déroule entre Gaugamèles et Arbèles en octobre 331, sonne le glas de la dynastie des Achéménides. Alexandre s'empare de Babylone et de Suse, brûle Parsa (→  Persépolis) et, de 330 à 327, guerroie dans les montagnes de l'Iran oriental où s'est réfugié Darius III.
Il atteint ensuite l'Indus, pensant toucher aux limites du monde connu et réaliser le rêve de l'empire universel. « Ici s'est arrêté Alexandre » va pourtant proclamer l'inscription gravée sur une colonne, car, son armée étant épuisée, il revient à Suse (324).
3. Le génie de la stratégie

Pompéi, « mosaïque d'Alexandre »Pompéi, « mosaïque d'Alexandre »
« Mon fils, tu es invincible », lui avait assuré la pythie de Delphes. Fort de son indomptable volonté, qui met à genoux le puissant Empire perse, Alexandre hérite aussi de son père un outil de combat parfaitement rodé, qui a assimilé les leçons de la phalange thébaine d'Épaminondas, mobile et manœuvrable. L'armée macédonienne comprend alors une double articulation en formations de cavalerie et d'infanterie, elles-mêmes organisées en unités lourdes ou légères.
Dans cette armée, la phalange, formée au combat sur une file de 16 hommes en profondeur, ne constitue qu'un élément (certes central) d'un dispositif complexe et souple.
Au niveau stratégique, l'originalité d'Alexandre est d'avoir adapté ce dispositif à l'hétérogénéité nouvelle de ses armées, désormais composées, en plus des Macédoniens, d'éléments étrangers (Thraces, Crétois, notamment). Il comprend ensuite que le cœur du dispositif adverse se situe là où se tient le commandement politique de l'armée : le roi. C'est donc là qu'il fait porter l'effort de ses troupes.
4. L'héritier du Grand Roi

4.1. Le despote oriental

Alexandre va s'ériger en héritier de Darius III, assassiné en 330 avant J.-C. Il conserve une grande partie des institutions de l'Empire perse (fiscalité, division en satrapies), adopte le cérémonial de la cour des Achéménides dont il ceint le diadème, fait d'anciens satrapes ses conseillers personnels.
S'efforçant de fondre les deux civilisations, il encourage l'intégration des Perses dans l'armée (→ les Épigones) et favorise les mariages entre ses dignitaires et des jeunes filles de haute extraction (les fameuses « noces de Suse » du printemps 324), dans l'espoir d'associer les aristocraties des deux peuples à la marche de l'Empire.
Cette politique d'« orientalisation » a toutefois ses opposants parmi les Gréco-Macédoniens, qui sont mis à mort. Parallèlement, Alexandre veut assurer la diffusion de l'hellénisme par la création de villes (environ 70) auxquelles il donne son nom et qu'il peuple de colons grecs.
4.2. La dernière année

L'empire d'Alexandre et son partageL'empire d'Alexandre et son partage
En 323 av. J.-C., Alexandre est dans sa capitale, à Babylone. Tout semble annoncer le début d'une de prospérité et de paix. De tous les coins du monde, ambassadeurs et quémandeurs affluent pour solliciter la parole royale. Alexandre parcourt les alentours de la capitale, faisant creuser des canaux d'irrigation, aménager des ports, construire des navires. Au même moment des expéditoins maritimes effectuent des reconnaissances le long de la côte d'Arabie ; Alexandre envisage de repartir en expédition : entre l'Égypte et la Perse, il reste l'Arabie, pays à la richesse plus fabuleuse au réelle. L'expédition est prête, mais, affaibli par la malaria et par les blessures qu'il a reçues au cours de ses nombreuses batailles, Alexandre meurt à Babylone à l'âge de 33 ans, le 13 juin 323 av. J.-C.
5. La postérité

L'empire qu'il a créé, et que seule maintenait sa puissante personnalité, ne lui survit pas. Il va être partagé entre ses généraux (les diadoques), qui donnent leurs noms aux différentes dynasties qu'ils fondent (→ Lagides, Séleucides, etc.). Ces royaumes forment un monde qui s'étend de l'Indus à l'Asie Mineure, et dans lequel s'épanouit une nouvelle civilisation grecque, dite « hellénistique ».
Alexandre est passé dans l'histoire comme une trombe. S'il a donné l'exemple de la tolérance universelle, s'il a ébloui non seulement ses contemporains mais aussi les générations suivantes, il n'est pas resté grand-chose de son œuvre. Il a certes favorisé l'expansion de l'hellénisme, dont ses fondations ont été les durables jalons, mais son empire, vite conquis, se morcela encore plus vite, et une période de troubles succéda à la mort du conquérant.

 

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