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Mythe de fondation

 

       

 

 

 

 

 

Mythe de fondation

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Le mythe de fondation, appelé aussi suivant les circonstances mythe fondateur, ou mythe national, est un récit étiologique expliquant l'origine d'une religion, d'une cité, d'un pays, d'une nation.
Depuis l'apparition des premières cités, entre le IVe et le IIIe millénaire avant Jésus-Christ, des mythes racontent la fondation de certaines d'entre elles. Le mythe de Romulus et Rémus à Rome, le mythe d'Érechthée à Athènes et le Kalevala en Finlande sont des mythes de fondation : d'une manière générale, chaque peuple a besoin de dire ses origines1.
Ce mythe étiologique fait partie des mythes des origines qui sont des récits légendaires des débuts d'un peuple, d'une cité, de l'humanité, de la terre, de la vie et de l'univers (cosmogonie). Il se distingue aussi du mythe de la création qui fait référence à l'idée d'un commencement du monde.

Fabrique du mythe[modifier | modifier le code]
« L'histoire apprend aussi à rire des solennités de l'origine2 », elle est « ingratitude du commencement revendiqué contre des origines refusées3. »
Les communautés humaines fabriquent des mythes fondateurs dans lesquels la narration qui peut incorporer des noyaux historiques authentiques et la fiction doivent être continûment interrogés. Ils font ainsi l'objet d'enquête historique et d'analyse critique qui tentent de démêler les liens entretenus avec la réalité, de retracer leur lecture au gré des époques et des courants historiographiques. Ces mythes peuvent ainsi résulter de processus de légitimation permettant de structurer et de préserver le groupe en le rattachant à un passé porteur de signification (utilité mémorielle pour rassembler les communautés et répondre à leur besoin d'assigner à chaque membre une place, une fonction et des règles de fonctionnement) ou de processus de manipulation, de mystification de la réalité historique dans une volonté politique d'acculturation, de cohésion ou de soumission4.
Selon l'anthropologue Peggy Reeves Sanday, le symbolisme de genre5 dans les récits d’origine se manifesterait comme des « métaphores de l'identité sexuelle ». De telles métaphores fourniraient des références investies de contenus émotionnels mobilisables, durant les temps troublés marqués par l'absence de cadres institutionnels ou leur impuissance à expliquer le monde6.

Mythes antiques[modifier | modifier le code]
       
Naissance d'Érichthonios : Athéna reçoit le nouveau-né des mains de Gaïa, ve siècle av. J.-C., Staatliche Antikensammlungen    Les mythes de fondations peuvent développer deux types de récits d'origines : autochtoniques – du grec auto-khthôn, « celui qui est né de la terre même » – ou des origines allochtoniques – allo-khthôn, « celui qui est né d'une autre terre », venu d'ailleurs7.
Le premier type, assez fréquent dans les mythes grecs antiques, fait par exemple naitre les hommes de la Terre à l'instar du mythe athénien d'Érichthonios – né spontanément de la Terre (suivant Pindare) ou d'une union entre Héphaïstos et la Terre (suivant Homère) – ou encore des Spartes (les « hommes semés ») nés de la terre en armure, semés des dents d'un dragon tué par Cadmos8.
Le second type, que l'on retrouve également dans les récits grecs, propose des récits de colonisation ou d'exode : on est propriétaire d'un territoire à la suite d'un colon accompagné d'un groupe qui – sur ordre divin ou celui d'un oracle – s'est emparé de ce territoire promis. Ces récits, souvent militaristes ou guerriers, trouvent souvent leur origine dans une situation d'oppression qui pousse au départ7.
Mythes modernes[modifier | modifier le code]   

American Progress, John Gast, 1872    On retrouve ce type de récits dans la construction de récits de fondation modernes, repris ou construits des siècles après les événements qu'ils racontent7. Il est ainsi devenu courant de parler de « mythe fondateur » pour des récits d'origines plus récentes : Suisse, États-Unis, France, Israël, etc.
En France, on trouve ainsi ce type de récits identitaires qui se basent sur des évènements anciens sous la Troisième République avec Vercingétorix qui devient le récit fondateur expliquant les qualités des Français, ou Jeanne d'Arc qui devient le symbole du fondement de la France héroïque aidée par Dieu, trouvant ses origines dans un combat de libération7. On trouve également des mythes complètement inventés comme, en Suisse, le personnage de Guillaume Tell rendu célèbre par un drame de Schiller. Enfin, on retrouve des mythes recyclés à l'instar du récit de l'Exode qui inspire le mythe fondateur des États-Unis : en fuyant un roi oppresseur, les colons anglais traversent un océan vers une Terre promise d'où il faut chasser les autochtones7.

Sacrifices fondateurs[modifier | modifier le code]
René Girard remarque que les mythes sont très souvent des récits de meurtre, de guerre ou de sacrifice. Il considère que « toutes les civilisations portent en leur cœur le sacrifice humain »9. Il a bâti sa théorie mimétique pour décrire la fondation de toute religion archaïque. Selon lui, le désir n’est pas original, il n’est que l’imitation du désir d’un autre par mimétisme ; Dans un groupe d’hommes, les désirs de chacun, parce qu’ils entrent en concurrence, engendrent une confusion de plus en plus grande qui dégénère en crise et menace l’unité du groupe en créant un chaos ; au climax de cette crise, une polarisation de tous les conflits se fait au détriment d’un seul : le bouc émissaire ; ce bouc émissaire est mis à mort dans un lynchage collectif ; la paix revient dans le groupe ; parce que la paix revient, le bouc émissaire est divinisé : c’est son « pouvoir » qui apporte la paix ; le mythe est établi : il raconte l’histoire du bouc émissaire, mais énonce, pour déculpabiliser le groupe, sa culpabilité quitte à lui inventer des crimes : le lynchage se transforme alors peu ou prou en acte de justice ; le rite est lui aussi établi : il imite plus ou moins le lynchage du bouc émissaire (d’abord sous la forme du sacrifice de personnes humaines, puis il évolue en sacrifice d’animaux, et s’édulcore et s’éloigne de la scène originelle au fil du temps), et doit être rejoué à intervalles réguliers pour éviter que de nouvelles crises nées de la concurrence des désirs au sein du groupe ne mettent en danger sa cohésion10,11,12,13.
Le mythe est donc un des éléments de ce que Girard appelle « le religieux » dont la fonction principale est de maintenir la violence hors de la communauté14. Les sociétés humaines ne peuvent pas tolérer la violence interne, qui les menace de destruction ; elles forgent donc des récits mythiques par lesquels cette violence est sacralisée et des rites par lesquels cette violence est "rejouée" de façon limitée et contrôlée pour rejeter le chaos en dehors de la communauté15.
Il publie en 2007 Achever Clausewitz, co-écrit avec Benoît Chantre dans lequel il explique que selon lui, « il y a une parfaite continuité entre la lutte à mort de Caïn et Abel, Étéocle et Polynice, Remus et Romulus, et les guerres fratricides opposant la France et l'Allemagne ou les guerres qui s'annoncent entre les États-Unis et la Chine »16.

 

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ARAMEN ET COPTE

 

 

 

 

 

 

 

 

ARAMÉEN   ET  COPTES

Proche du phénicien et de l'hébreu, l'araméen devient au viie s. avant J.-C. la principale langue de relations dans l'Empire assyrien (où il supplante l'akkadien) puis perse. Il se diffuse dans tout l'Orient comme langue écrite (son alphabet est en effet plus simple que les cunéiformes) et comme langue parlée (le Christ a prêché en araméen). À partir du viie s. après J.-C., il est peu à peu supplanté par l'arabe. Aujourd'hui, il est encore parlé, sous différentes formes dialectales, par quelques millions de locuteurs en Syrie, en Iraq (syriaque) et dans le Caucase (aïssor).

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COPTES

 

Coptes

(du grec aiguptios, après chute, à la période arabe, de la première syllabe)

Nom donné originellement aux habitants de l'Égypte et aujourd'hui aux chrétiens de ce pays restés fidèles au monophysisme.

1. HISTOIRE
Après la condamnation par le concile de Chalcédoine (451) du patriarche d'Alexandrie Dioscore, qui pour s'opposer à la montée du siège de Constantinople s'était fait le protagoniste du monophysisme, tous les moines et le clergé suivirent celui-ci dans sa rébellion. Lorsque l'Égypte passa sous la domination arabe, la masse de la population égyptienne passa à l'islam. L'Église copte fut victime de persécutions et déclina. Elle renaquit à la fin du xviie s. et essaima hors d'Égypte. Le patriarche d'Alexandrie réside au Caire et dirige son Église avec son propre synode. Le chiffre des fidèles est estimé aujourd'hui à environ 7 millions. Le pape Léon XIII a créé en 1899 un patriarcat copte catholique, également à Alexandrie, qui regroupe environ 150 000 fidèles. Le rite copte est aussi – mais en langue guèze ou en amharique et non en copte – celui de l'Église orthodoxe éthiopienne, à laquelle on donne parfois, à tort, l'appellation de copte. Cette Église est, avec environ 14 millions de fidèles (en Éthiopie et en Érythrée), une communauté monophysite importante qui, jusqu'en 1959, recevait ses hiérarques de l'Église copte d'Égypte. Depuis cette date, elle est autocéphale, ayant à sa tête un patriarche catholicos (abouna), qui réside à Addis-Abeba, avec des évêques autochtones, tout en reconnaissant une primauté d'honneur au patriarche copte d'Alexandrie.

2. LINGUISTIQUE
Le mot copte est dérivé de l'arabe qubt, aphérèse du grec aiguptios,
Le copte est l'aboutissement de la lente évolution qu'a subie la langue égyptienne depuis l'invention de l'écriture hiéroglyphique jusqu'à la période hellénistique. Dès lors, l'emploi du grec introduit une diglossie qui est à l'origine d'une littérature nouvelle, en partie égyptienne, en partie grecque, qui conduit à l'abandon progressif de l'écriture hiéroglyphique dans ses formes cursives, hiératique et démotique. Le résultat en est l'écriture appelée copte, qui emprunte les caractères de l'alphabet grec et y ajoute des signes dérivés du démotique pour rendre les sons propres au parler égyptien, six ou sept selon les dialectes. Les deux principaux dialectes sont le sahidique, pratiqué en Haute-Égypte (sa'id en arabe), et le bohaïrique (de l'arabe bahri, la Basse-Égypte), répandu dans le Delta, qui s'est par la suite imposé dans tout le pays.

3. BEAUX-ARTS

L'art des premiers chrétiens d'Égypte prend naissance vers le iie s. et persiste jusqu'au xiie s. La période de formation (iie s.-première moitié du ve s.) correspond à l'assimilation de thèmes hellénistiques et surtout alexandrins, auxquels sont adjoints des sujets chrétiens. Les églises sont souvent construites selon l'antique plan basilical avec nef et bas-côtés (Le Caire, chapelle Saint-Serge). Peintures et portraits trahissent encore le naturalisme gréco-romain des portraits du Fayoum, alors que, dans les reliefs traités selon la manière douce, déjà le canon diffère. Peu à peu, les monastères s'organisent et se multiplient (Couvent Blanc, Couvent Rouge, près de Sohag, Saqqarah, Baouit, etc.). Entre le ve et le viie s., l'idée et le concept l'emportent, et la stylisation des feuillages et des rinceaux devient presque monotone, alors que l'opposition des pleins et des vides est violemment accusée. La peinture reflète la même évolution et, si l'intensité du regard demeure, la schématisation domine les compositions (l'abbé Ména, provenant de Baouit, Louvre ; peintures murales de Saqqarah…). Parmi les arts mineurs, la tapisserie est l'un des moyens d'expression privilégiés des Coptes et qu'ils continueront à pratiquer après la conquête arabe.

4. LITTÉRATURE
Nombre d'œuvres de la littérature copte sont perdues, d'autres ne subsistent qu'à l'état de fragments disséminés ou de traduction, essentiellement en grec, en arabe et en éthiopien. À partir du viie s. en effet, la puissance musulmane installée en Égypte a détruit églises et monastères, avec les manuscrits qui y étaient détenus. De même que la prédominance culturelle grecque avait causé le déclin de la langue pharaonique, de même l'arabe à partir du xe s. a supplanté le copte. Les manuscrits coptes n'ont donc plus guère été lus ni recopiés, et en raison de l'amenuisement de la population chrétienne et de ses difficultés économiques, les bibliothèques de livres coptes ont été laissées à l'abandon. Ce qui a été épargné – codices de papyrus ou de parchemin, ostraca – et recopié à l'époque arabe sur du papier ne représente qu'une faible partie de la production littéraire copte et relève pour l'essentiel de la littérature religieuse ou plus précisément ecclésiastique, car après la conquête arabo-musulmane de l'Égypte, les textes coptes n'ont plus été conservés que par et pour des moines ou des clercs. Tout ce qui paraissait inutile ou dangereux aux yeux de la hiérarchie religieuse a été détruit ou n'a pas été reproduit. Ces deux facteurs historiques – disparition progressive du copte comme langue culturelle et conservation sélective de la littérature copte dans les monastères et les églises – sont à l'origine des limites de notre connaissance de ce que fut réellement la littérature copte.

 

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ANATOLIE

 

 

 

 

 

 

 

Anatolie

en turc Anadolu, du grec Anatolê (le Levant, l'Orient, c'est-à-dire les pays à l'est de Constantinople)

Cet article fait partie du dossier consacré à la Mésopotamie.
Péninsule occidentale de l'Asie, appelée également Asie Mineure.
GÉOGRAPHIE

Anatolè (« lever du Soleil », d'où « le Levant, l'Orient ») est le nom sous lequel les Byzantins désignaient la partie de leur empire constituée par la péninsule occidentale de l'Asie délimitée au nord par la mer Noire (Pont-Euxin), à l'ouest par la mer de Marmara (Propontide) et la mer Égée, et au sud par la Méditerranée orientale. Cette péninsule, soudée à l'Asie par les chaînes du Caucase, d'Arménie et d'Iran, est séparée de l'Europe par les détroits des Dardanelles (l'Hellespont des Grecs anciens) et du Bosphore. Le nom d'Anatolie (Anadolu) a été repris depuis 1923 par les Turcs pour désigner la partie asiatique de leur État y compris l’Arménie et le Kurdistan (la partie européenne recouvrant le sud-est de l'ancienne Thrace). Il est utilisé par les archéologues qui étudient les premières civilisations de cette région.
Dans un sens plus restreint, l'Anatolie est la partie intérieure de cette péninsule, formée par un haut plateau dont l'altitude est partout supérieure à 800 m et où se dessinent des cuvettes (Afyon, Kayseri), parfois occupées par des lacs salés (Tuz Gölü) ; cette région, steppique dans son ensemble, a été le berceau du peuple turc qui y a fixé sa capitale, Ankara.

Le plateau anatolien est ceinturé d'importants systèmes montagneux : au nord, le long de la mer Noire, l’arc Pontique aux versants érodés par les fleuves tributaires de la mer Noire ; à l'Ouest, quelques chaînons montagneux perpendiculaires au rivage projettent leurs pointements rocheux jusque dans la mer Égée, où ils s'effilent en de nombreuses îles ; au Sud, les chaînes du Taurus et de l'Anti-Taurus s'étirent jusqu'aux montagnes d'Iran, où elles rejoignent l’arc Pontique, constituant un bastion de hautes terres continentales et froides dominées par le cône volcanique de l'Ararat, point culminant de la Turquie (5 165 m).
Le climat de ce haut plateau intérieur est continental : les étés y sont chauds et secs, les hivers rigoureux et les précipitations médiocres et irrégulières. À l'est, en raison de l'altitude, les précipitations plus abondantes permettent la croissance de forêts. Cette Turquie orientale est peuplée par des populations kurdes.
L'Anatolie est avant tout une terre céréalière, tandis que dans les bassins l'irrigation progresse. Longtemps massivement rurale, elle s'urbanise rapidement de nos jours.

HISTOIRE
UNE TERRE DISPUTÉE

L'Anatolie passe à la vie agricole à partir du VIIIe millénaire. Entre 6500 et 5500 avant J.-C., elle possède à Çatal Höyük (Lycaonie) une agglomération villageoise importante (6 000 habitants). À partir du milieu du IVe millénaire s'édifient des forteresses, autour desquelles, en Anatolie centrale (Cappadoce, Lycaonie, Cilicie), se constituent bientôt de petits royaumes. Les premières villes apparaissent avant 2000 avant J.-C.
À partir du xviiie s. avant J.-C., une dynastie des Hittites, peuple indo-européen, unifie le Hatti (Cappadoce) et cherche notamment à assujettir les Hourrites, qui de l'Anti-Taurus ont débordé en Cappadoce orientale et contrôlent de nombreux royaumes en Syrie, Mésopotamie, Anatolie orientale. L'Empire hourrite du Mitanni est ruiné par les Hittites vers 1371-1345 avant J.-C. Mais, vers 1191, les États anatoliens, épuisés par les guerres, sont ruinés par les Peuples de la Mer. Ceux-ci font place à des groupes guerriers qui s'installent sur les ruines des cités.
Des États « néo-hittites » occupent la Cilicie et la région du Taurus. Ils sont annexés par l'Assyrie, qui les a attaqués à partir du ixe siècle avant J.-C. À l'est, des descendants ou parents des Hourrites forment le grand royaume de l'Ourartou (vers 870-600). Au centre de l'Anatolie, les Phrygiens constituent vers le milieu du viiie siècle un État puissant, ruiné par les Cimmériens (début du viie s. avant J.-C.). Ceux-ci s'en prennent ensuite, et en vain, aux Lydiens, dont le royaume tente, après celui des Phrygiens, de dominer toute l'Anatolie. Mais les Lydiens se heurtent aux Mèdes et doivent accepter avec eux une frontière commune (585 avant J.-C.).

UNE TERRE OCCUPÉE
Le Perse Cyrus met fin à la domination de Crésus, dernier roi des Lydiens (547), après avoir détrôné le roi des Mèdes. La domination des Perses (de 546 à 333 avant J.-C.), après Cyrus, n'est que nominale, laissant le champ libre à l'hellénisme venu des cités grecques de la côte occidentale : l'Anatolie devient l'Asie Mineure.
Occupée par Alexandre le Grand, l’Asie mineure est partagée à sa mort entre ses généraux. Une grande partie de la péninsule passe alors aux mains des Séleucides.
Au iiie siècle, certains États proclament leur indépendance (la Bithynie, le Pont, la Cappadoce), tandis que naissent le royaume de Galatie (fondé par les Galates) et le royaume hellénistique de Pergame (fondé par les Attalides).
Peu à peu, la région est conquise par les Romains et lors du partage de l’Empire romain, elle est intégrée à l’Empire byzantin. Au xie siècle, elle passe sous domination turque avant d’être rattachée à l’Empire ottoman. En 1923, elle fait partie de la nouvelle république de Turquie.

 

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LA TERRE

 

 

 

 

 

 

 

Terre

Consulter aussi dans le dictionnaire : terre
Cet article fait partie du dossier consacré au monde et du dossier consacré à l'histoire de la Terre.
Planète du système solaire habitée par l'homme (avec une majuscule).

ASTRONOMIE ET GÉOLOGIE

La Terre est la troisième, par la distance, des huit planètes principales qui tournent autour du Soleil. Cette situation orbitale ainsi que ses caractéristiques de masse concourent à en faire un astre « privilégié » : sa masse lui a permis de retenir une atmosphère suffisamment épaisse, qui la protège du rayonnement solaire ; son éloignement moyen du Soleil autorise la présence de l'eau sous forme liquide, condition impérative au développement de la vie. Car telle est bien l'originalité de la Terre : l'apparition de la vie à sa surface et son expansion dans une couche, la biosphère, inexistante sur les autres planètes du Système solaire.
CARACTÉRISTIQUES PHYSIQUES ET ORBITALES DE LA TERRE
1. LES DONNÉES ASTRONOMIQUES DE LA TERRE

Variations cycliques de la position de la Terre sur son orbite
Prototype des planètes telluriques, la Terre décrit autour du Soleil une orbite elliptique à une distance moyenne de 149,6 millions de km. Le plan de cette orbite est l'écliptique. La Terre tourne aussi autour d'un axe passant par son centre de gravité (axe des pôles). La révolution autour du Soleil (en 365 jours) détermine la durée de l'année, et la rotation autour de l'axe des pôles (en 23 h 56 min), celle du jour, avec ses variations suivant les saisons.

La forme de la Terre est voisine de celle d'une sphère, légèrement aplatie aux pôles. Cette forme est conditionnée essentiellement par les forces de pesanteur auxquelles sont adjointes les actions dues à la rotation, ce qui détermine, en particulier, le géoïde.
La masse de la Terre peut se déduire de l'intensité du champ de pesanteur, de la connaissance de ses dimensions et de la valeur de la constante d'attraction universelle : elle est de 5,98.1024 kg, ce qui correspond à une masse volumique moyenne de 5,52.103 kg/m3, la répartition de cette masse se faisant par couches concentriques.

Parmi les caractères spécifiques de la planète Terre, il faut retenir : l'existence de son satellite naturel, la Lune, qui joue un rôle fondamental dans le phénomène des marées ; la propriété du globe terrestre de posséder un champ magnétique relativement intense (comparé à celui des autres planètes telluriques) qui a subi un grand nombre de renversements au cours de son histoire.
→ paléomagnétisme.

2. L’ÂGE ET L’ORIGINE DE LA TERRE

2.1. LA FORMATION DE LA TERRE

L'âge de la Terre est aujourd'hui estimé à 4,6 milliards d'années. La Terre se serait formée au sein d'une masse gazeuse, avec condensation et décantation progressives (→ accrétion), sous les effets combinés des forces de gravité et des divers processus de transformation énergétique (notamment la libération des énergies de « condensation » gravimétrique et de celles dues aux réactions d'ordre nucléaire).

Ces processus ne sont pas foncièrement différents de ceux que l'on fait intervenir dans la formation de la majorité des objets célestes. La Terre primitive, à très haute température, était sans doute en grande partie à l'état fondu. Dans cette matière en fusion, la gravité a engendré une différenciation entre un noyau très dense et des couches périphériques plus légères, ce qui explique la différence entre la densité moyenne du globe et la densité des roches de surface.

2.2. LA FORMATION DE LA CROÛTE TERRESTRE

Les théories de l'expansion des fonds océaniques et de la tectonique des plaques ont reçu un apport expérimental concret par la mise en évidence (depuis les années 1960) du rôle fondamental joué par les dorsales océaniques. Celles-ci sont le résultat d'un épanchement continu d'un magma sous-jacent, de caractère basaltique, qui, en se déversant de part et d'autre, reforme sans cesse de nouveaux fonds marins et repousse les fonds anciens.

Ce modèle rend bien compte de la faible épaisseur de la croûte terrestre, formée majoritairement de silice et d'alumine et dont la densité est de l'ordre de 2,7, par contraste avec les couches plus profondes, principalement du manteau, plus riche en magnésium, fer, etc., et plus dense, de l'ordre de 3,3 sous les océans.
Pour en savoir plus, voir l'article géologie.

La question des âges, périodes ou ères géologiques relève de la stratigraphie et de la géochronologie. En effet, reconstituer l'histoire de la Terre exige de dater les événements enregistrés dans les roches. Les datations peuvent être relatives et permettent de comparer deux roches ou situer un événement par rapport à un autre. Mais il faut aussi connaître l'âge absolu. La radiochronologie, fondée sur la radioactivité naturelle et la loi de décroissance radioactive des radionucléides, permet de donner un âge aux formations géologiques (→ ères géologiques). La combinaison des datations relatives et absolues a conduit à l'élaboration de l'échelle stratigraphique qui sert de référence aux études géologiques.
Pour en savoir plus, voir l'article histoire de la Terre.
3. LA STRUCTURE DE LA TERRE

La Terre est une succession de couches, solides, liquide et gazeuse, plus ou moins emboîtées.
L'enveloppe gazeuse constitue l'atmosphère, formée d'éléments légers volatils, qui proviennent du dégazage du globe solide.


L'enveloppe liquide, ou hydrosphère, comprend l'ensemble des mers, océans, rivières et glaciers, banquise ; sa composition moyenne est pratiquement celle de l'eau de mer (→ eau).

Les couches solides sont, en proportion de leur masse, les plus importantes. Schématiquement, la partie solide de la Terre se divise en trois zones concentriques qui sont : la croûte, le manteau (subdivisé en manteau supérieur et manteau inférieur) et le noyau (subdivisé en noyau externe et noyau interne ou graine).
Ces résultats sont déduits principalement de l'interprétation des observations sur la propagation des ondes sismiques (→ sismologie), renforcée par de puissants moyens informatiques qui permettent aujourd'hui de réaliser des tomographies sismiques. On fait aussi appel à des méthodes gravimétriques, géothermiques, magnétiques et électromagnétiques, etc., sans oublier les données géologiques.

3.1. LA CROÛTE TERRESTRE

De toutes ces zones, la croûte est à la fois la zone la plus connue et la moins connue de par sa complexité et sa variabilité. Globalement, on distingue : la croûte continentale, de 30 à 40 km d'épaisseur environ (atteignant 75 km parfois, sous les montagnes), comprenant des roches sédimentaires ou métamorphiques sur quelques kilomètres, « posées » sur une couche de type granitique ; la croûte océanique, d'environ 5 à 10 km d'épaisseur, composée en majorité de basalte. Le passage de la croûte au manteau se situe le long de la discontinuité de Mohorovičić (ou moho), liée à une variation brusque de vitesse des ondes sismiques la traversant, qui est considérée comme enveloppant le manteau d'une façon continue.

3.2. LE MANTEAU TERRESTRE

Sous cette discontinuité, le manteau s'étend jusqu'à une profondeur de 2 900 km environ. La viscosité des solides qui constituent le manteau terrestre conduit à de gigantesques mouvements de convection. La base du manteau est limitée par la discontinuité de Gutenberg. Le fait marquant à ce niveau est la disparition des ondes sismiques de cisaillement, montrant le passage de matériaux solides à un noyau fluide.

3.3. LE NOYAU
Le noyau se divise en noyau externe, fluide, jusqu'à une profondeur de 5 100 km, et noyau interne, solide, appelé graine, de 1 250 km d’épaisseur, où règne une température comprise entre 3 800 et 5 500 °C selon la profondeur. Le noyau externe, de 2 225 km d’épaisseur, composé en majorité de fer en fusion, serait le siège de phénomènes convectifs à l'origine du champ magnétique terrestre.
3.4. AUTRE DÉCOUPAGE
À cette décomposition de nature chimique et minéralogique se superpose une décomposition de nature physique qui traduit un changement de l'état cristallin de la matière. Ce découpage est le suivant :
– la lithosphère, enveloppe externe rigide pouvant atteindre 100 km d'épaisseur sous les continents (c'est la zone mise en jeu dans la théorie de la tectonique des plaques) ;
– l'asthénosphère, marquée par une faible résistance mécanique due à un état visqueux des matériaux la composant, jusqu'à 350 à 400 km de profondeur environ ;
– la mésosphère, rigide dans sa partie haute jusqu'à 650 km environ.
Pour en savoir plus, voir l'article géologie.

4. LE CHAMP MAGNÉTIQUE TERRESTRE

La Terre est affectée d'un champ magnétique dont l'axe est légèrement décalé (11,5°) par rapport à l'axe de rotation de la Terre. Le magnétisme est provoqué par le mouvement du magma métallique dans le noyau externe liquide qui tourne autour du noyau interne solide. Il n’est pas dû au fer qui compose le noyau. Ces mouvements font que le globe terrestre se comporte comme si un énorme aimant droit était placé en son centre.

→ géomagnétisme.
Cependant, les lignes de force magnétiques ne se développent pas symétriquement dans l'espace d'un pôle à l'autre : les sondes spatiales ont ainsi établi que la zone d'influence de ce champ dans l'espace est limitée par une frontière, la magnétopause, sur laquelle viennent buter les particules chargées qu'émet, en permanence, le Soleil.


Le champ magnétique terrestre présente également des variations à court terme (de l'ordre de la journée, du mois ou de l'année) de faible intensité (0,1 % du champ total), qui sont provoquées par des perturbations dans la magnétosphère (par exemple, les aurores polaires). Il existe aussi des variations séculaires, voire carrément des inversions du champ. Ces dernières sont notamment enregistrées par les roches éruptives durant leur refroidissement (aimantation thermorémanente).

       


La cartographie précise de la direction d'aimantation enregistrée par ces roches permet de dresser des cartes de la dérive des continents, de la dérive apparente des pôles, de l'expansion du plancher des océans, et d'étalonner les successions stratigraphiques de sédiments par référence aux données paléomagnétiques successives qui y ont été enregistrées sur une même verticale, donc dans le temps (magnétostratigraphie).
Pour en savoir plus, voir les articles géochimie, géologie, géophysique, roche.


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